24/05/2017

Réactions de directeurs

Baus Monique, Les profs fuient Bruxelles, LB 12/06/2004

 

De plus en plus d’enseignants se font muter en Wallonie.

Aussi, selon les syndicats, les écoles de Bruxelles se vident de profs compétents. Et pour combler les ‘trous’ dans la capitale, on assiste à l’arrivée massive de formateurs non formés.

Marc Evrard (préfet des études à l’Athénée Andrée Thomas - Forest) affirme que tout le monde paie le manque d’expériences de certains. Les élèves également, qui ne savent plus comment réagir quand ils se retrouvent devant un professeur chevronné et exigeant après avoir suivi une ou plusieurs heures de cours avec quelqu’un dont ils détectent très bien le côté débutant…

Ainsi, on fait appel à des « articles 20 ». Cet article 20 permet, en l’absence de postulants disposant des titres requis pour enseigner, de faire appel à d’autres personnes issues de formations voisines. Malgré leurs connaissances, hôtesses de l’air, ingénieurs, traducteurs et autres journalistes n’ont pas les compétences nécessaires en matière de pédagogie.

Et d’autre part, leurs salaires sont inférieurs aux profs remplissant les conditions pour être nommés. « Ce qui représente une économie considérable pour ceux qu les paients », dénonce encore le syndicaliste Yves Delbecq (SLFP enseignement).

En langues germaniques, c’est la catastrophe !

« Sur 37 postes de profs de langues temporaires prioritaires à pourvoir à Bruxelles, seuls 10pc le sont pour la rentrée . »

 

Absences à l’école: qui s'en soucie?, Le Vif 15/06/2007

 

Je voudrais réagir à l'éditorial « L'école est finie » (Le Vif/L'Ex­press du 25 mai 2007), où étaient évoquées les « fins d'années pré­coces » dans l'enseignement secon­daire. Il serait aussi utile de dénon­cer les normes pratiquées par cer­taines écoles en matière d'absences des élèves. Exemple : dans une clas­se du troisième degré d'une école technique et professionnelle du Hainaut, les élèves ont droit à 30,5 jours d'absences injustifiées, à 24,5 jours d'absences justifiées. Ajou­tons les très nombreux certificats médicaux et le fait que, dans notre école, c'est seulement à partir de la troisième heure d'absence/jour que celle-ci est comptabilisée comme une demi-journée d'absence. Sans compter que tant les écoles que la Communauté française et ses vérifi­cateurs sont très peu regardants face aux justificatifs remis par les élèves. Belle tactique pour ap­prendre à nos chères têtes blondes à produire des efforts, à faire preuve de rigueur ! Ces normes sont avali­sées par le monde politique. Ces règles ne correspondent pas du tout à celles qui prévalent dans le monde du travail ! Difficile, donc, dans ces conditions, pour des professeurs d'assurer une continuité dans leur enseignement et d'obtenir des ré­sultats satisfaisants pour les élèves.

 

Michel Ganty

 

Directeurs d'écoles à bout de nerfs, DH 10/10/2007

 

Bâtiments scolaires délabrés, manque de matériel : les écoles de Charleroi sont au bout du rouleau

 

CHARLEROI "Dans mon école d'académie de musique, c'est le toit qui perce et les élèves qui ne peuvent plus avoir d'instruments de musique faute de budget". On entend encore: "nos élèves doivent désormais acheter les denrées pour pouvoir suivre le cours de cuisine, les chauffages ne fonctionnent plus, les classes étaient ce matin à 11 °C. Les repas chauds promis ne sont toujours pas arrivés, les bâtiments sont déclarés insalu­bres. Les électriciens de la ville devai­ent réparer des prises de courant mais même eux n'avaient plus ni prises, ni fils pour le faire"... Les exemples d'apocalypses scolaires se multi­plient dans la bouche des directeurs d'écoles de l'enseignement commu­nal de Charleroi. Hier, ceux-ci étaient venus frapper à la porte du Collège en réunion hebdomadaire afin d'alerter les mandataires sur l'état de délabrement dans lequel se trouve l'enseignement officiel. "Avec des bouts de ficelles, nos enseignants de qualité font des choses extraordinai­res. Le problème, c'est qu'il n'y aura bientôt même plus de bouts de ficelles" déplore Jean Pierre Perin de la CGSP. "C'est d'autant plus rageant qu'une partie des fournitures scolaires se trouve bloquée à la centrale d'achat de la ville et que rien ne sem­ble bouger. Nous ne voulons pas faire de procès d'intention à la nouvelle majorité mais certaines solutions semblent pouvoir être mise en place rapidement. C'est d'autant plus ur­gent que, avec des écoles dans un tel état et sans que nous puissions assu­rer nos missions éducatives, les pa­rents d'élèves vont finir par changer leurs enfants d'école : si nous perdons encore des enfants, des classes ferme­ront, dès lors il y. a clairement menace sur l'emploi. La Communauté fran­çaise pourrait aussi suspendre toutes les nominations sur Charleroi..." in­siste le délégué syndical, résumant les craintes des septante directeurs d'écoles carolos où 25 000 élèves se rendent quotidiennement.

Groggy, les membres du collège, bourgmestre en tête, compatis­saient face à ce désarroi. L'héritage de la gestion passée est décidément lourd à porter. Mais il n'explique pas tout : stigmatisant le sabotage de la part de certains fonctionnaires, le bourgmestre a concédé qu'en in­terne de l'administration subsis­taient "des problèmes de communica­tion et d'application des décisions politiques". La distribution du maté­riel scolaire déjà disponible va être entamée dès aujourd'hui.

 

Vincent Debruyne

 

23:02 Écrit par Justitia et Veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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